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Emile Zola, né a Paris le 2 avril 1840 et mort, accidentellement, le 29 septembre 1902, mena d'abord une carriere de critique, de polémiste et de romancier.
Critique d'art, il fut l'ami et le soutien de Manet, de Cézanne et des principaux Impressionnistes. Journaliste dans la presse républicaine avant 1870, il combattit le régime impérial, tout en publiant ses premiers romans : Thérese Raquin, Madeleine Ferai
Le succes lui vint avec le cycle des Rougon-Macquart (1871-1893), ponctué de romans qui effrayaient la critique bien-pensante et qui sont restés des chefs-d'ouvre — L'Assommoir, Nana, Germinal, La Terre. Il y associait une attention nouvelle et audacieuse aux pulsions du corps et aux miseres du peuple, un sens exceptionnel de la tragédie, une Imagination nourrie de visions symboliques et de réminiscences mythiques, et une maîtrise absolue du métier romanesque. Zola a conservé, a travers tout le XX® siecle, a la fois la fidélité du grand public, de la jeunesse et des milieux littéraires. Le cinéma et la télévision lut font de fréquents emprunts, sans toutefois égaler sa puissance.
Son intervention dans J'affaire Dreyfus, avec l'Immortel J'accuse (1898), sauva la liberté et la vie du capitaine juif, condamné pour le crime d'un autre parce qu'il était juif ; elle sauva, en meme temps, l'honneur de la France. Zola avait acquis par la meme, au prix de sa propre liberté et, peut-etre, de sa vie, une magistrature morale qui reste indissolublement liée a sa fortune littéraire.
Henri Mitterand est né en 1928, pres d'Avallon, en Bourgogne. Ancien éleve de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm, il est professeur a la Sorbonne nouvelle.
Spécialiste de Zola, il a édité Les Rougon-Macquarî, dans la Bibliotheque de la Pléiade (5 volumes), et les Ouvres completes de Zola au Cercle du Livre Précieux (15 volumes). Il a publié Zola journaliste (A. Colin). Zola et le naturalisme (P.U.F.), et deux ouvrages de poétique et de sémiotique romanesque : Le Discours du roman et Le Regard et le signe (P.U.F.). Il dirige, depuis 1964. Les Cahiers naturalistes. Il prépare une grande biographie d'Émile Zola, qui trouvera dans les Carnets d'enquetes de l'écrivain une matiere inédite et passionnante.
Professeur associé a l'Université de Toronto, il y a suscité la fondation d'un centre de documentation et de recherche sur Zola et le naturalisme ; il dirige au CNRS, un centre français identique.
Victor Seaaien LES IMMEMORIAUX
Ecfilufe symbolique, ierme, somptueuse, que certains critiques compareront a celle de Saint-John Perse et de Paul Claudel
Xavier Grall (Croissance des Jeunes Nations).
Echo des préoccupations de Mallarmé, re-trouvaille du sens profond de la poésie, ce roman des Immémoriaux est le premier jalon d'une des ouvres poétiques les plus importantes de notre siecle C'est une étape de ce mouvement qui pousse l'Occident a retrouver, par les grandes civilisations extérieures, une part de l'âme qui lui avait échappé
V -P Bot (La Revue Nouvelle. Tournai).
Segalen jongle avec cent langages et mille images pour tenter, a travers les autres, de discerner son visage La lolle séduction des Immémoriaux jaillit de cette tumultueuse ambiguité. La langue inspirée, inépuisable, hautaine et émouvante d'un des tout premiers poetes français modernes, l'égal de Claudel et de Saint-John Perse dont II possede et le souftie et les raffinements. Ce roman s'impose simplement comme l'un des chefs-d'ouvre de la littérature du XX® siecle.
Pierre Lepape (Télérama).
Charles-Ferdinand Ramuz LA PENSÉE REMONTE LES FLEUVES
Homme immense, écrivain touché par les grâces des quatre éléments de l'eau, de la terre, de l'air et du feu. Voici l'écrivain solitaire, d'une obstination animale, un pathétique, une (ulgurance. un orage, une bousculade cosmique.
Georges Martin (La Gazette du Nord).
Poete tetu, inquiet, insatisfait, ami de Gide, de Valéry, de Stravinsky. Ramuz échappe aux définitions simplistes La solitude de l'homme renvoie a la singularité de l'ouvre. Ces pages sur le destin, sur le lieu.
I environnement auquel chacun de nous adhere au plus profond, surprendront peut-etre bien des ramuziens. Ce sera roccasion pour d'autres de découvrir un personnage et une écriture qui ne cessent de provoquer l'actualité
(Bibliographie de la France).
Voila soixante-dix ans que les Français « ratent Ramuz - ! Ne serait-il pas temps de lui rendre justice ?
François Nourissier (Le Figaro Magazine).
Un nouveau Ramuz Il y a toute la réflexion sur le communisme Il y a loule la critique sans concession de noire société bourgeoise qui rechigne avanl tout devant la grandeur (qui implique la singularité) et l'inventivité
II y a. encore, toute la réflexion de Ramuz sur les notions de patrie et de nation Ce volume fait, enfin, éclater la véritable dimension de l'écrivain.
Guido Olivieri (24 Heures. Lausanne).
Claude Lévi-Strauss TRISTES TROPIQUES
Un livre humain, un grand livre. Peu d'ouvrages soulevent des problemes aussi vastes, aussi fondamentaux.
Georges Bataille (Critique).
On ouvre Tristes Tropiques, et c'est renchantement. Depuis vingt ans, peul-etre, il n'esl pas paru de livre plus direclement adressé a nous, ni sachant mieux que celui-ci touctier a leur point le plus vif et le plus intime les soucis et les joies de nos jours,
Madeleine Chapsal (L'Express).
Chef-d'ouvre qui n'a pas une ride, méditation sur la relativité des civilisations et d'abord sur la nôtre, panégyrique lyrique de la nature, voyage d'une âme sensible au bout de soi-meme. Tristes Tropiques est un de ces livres aux richesses Inépuisables qui se renouvellent a chaque génération.
Claude Jannoud (Le Figaro).
James Agee et Walker Evans LOUONS MAINTENANT LES GRANDS HOMMES ALABAMA : TROIS FAMILLES DE MÉTAYERS EN 1936. On n'acheve pas le livre comme on l'a ouvert. Le témoignage sur les pauvres iermiers de l'Alabama devient un poeme tendre et déchirant, dédié a tous les humiliés, a tous les oftensés de la terre Sa trace est ineffaçable
Gilles Lapouge (France-Soir).
Oui un livre hors de l'ordinaire et meme l'extraordinaire, qui a l'ampleur el les résonances de Sanctuaire ou de Moby Dick Il y a chez Agee une invenlion d'images rurales qui. toutes belles et neuves, ne se
com;«rent qu'a celles de Giono, yves Berger (Le Monde).
Un livre qui ne ressemble a aucun autre : l'un des plus beaux qui nous venus d'Amérique, _
Void la révélation d'une ouvre inconnue d'Émile Zola : ses Carnets d'enquetes.
Zola romancier est aussi Zola ethnographe. Pour préparer chacun de ses Rougon-Macquart — La Curée, Le Ventre de Paris, L'Assommoir, Germinal, La Terre. La Bete humalne,/e\c. A — il a accumulé les repérages et les reportages sur le terrain, passant des quais de la Seine aux IHalles, de la rue de la Goutte-d'Or a Passy, des grands magasins aux corons, des terres de Beauce a la garé du Havre et au champ de bataille de Sedan.
Deux mondes : Les honnetes gens (« Quels gredins que les honnetes gens », s'écrie Claude Lantier dans Le Ventre de Paris ), et » Le peuple, la terre, la guerre ». Douze chapitres, douze sociétés différentes, complémentaires et souvent antagonistes. Les beaux quartiers, la Bourse, les grands magasin^, le monde des arts, la « haute cocoterie », les i-lalles, le Paris populaire, la mine, les chôminots, les paysans, les soldats Partout, Zola accorde la vision du peintre et celle du sociologuë^^' | attentif a toutes les contraintes et a tous les rituels qui reglenf la'^^ vie quotidienne d'un peuple. " ^
L'ensemble de ces » choses vues » forme une ouvre en sol, éditée pour la premiere fois dans son intégralité : une prise ^ de vues tout a fait exceptionnelle, par son ampleur, sa']^ cohérence et sa vigueur, sur la société française de la fin du ^^ XIX" siecle c'est-a-dire sur les racines de notre époque. de ce fait, une véritable contribution, encyclopédique ujm l'anthropologie culturelle de la France. Il n'existe rien de ^ comparable, ni dans la littérature romanesque, ni dans la^8 tradition ethnographique. C'est tout a la fois la clé des RoygqtiiitffM Macquart et celle de notre mémoire collective. i
Henri Mitterand a regroupé ces textes non dans l'ordre d^^ leur chronologie, mais selon un ordre thématique, pluiffi profondément conforme a la vision globale de Zola. Il a éclairé/|H d'une breve présentation chacun des chapitres et chacune des subdivisions. Une chronologie, une bibliographie et un index en"^ permettent une lecture approfondie, ainsi qu'une relecture des Rougon-Macquart a leur lumiere. ' f
Terrs Humaine est un titre de collection que Zola aurait aimé. C'est tout naturellement que ses Carnets d'enquetes, ouvre humaniste par excellence, y trouvent place.
Vissza